Il est des soirées d’été qui ont le goût doux-amer des grandes occasions manquées de peu. Le samedi 20 juin, à Villefranche-de-Lauragais, nos jeunes ont vécu l’une d’elles. Sous le soleil déclinant du Lauragais, sur une pelouse enfin rendue à la fraîcheur du soir, deux générations de notre club se sont succédé pour disputer, coup sur coup, deux finales. Les U19, puis les U16. Deux rendez-vous au sommet, portés par les mêmes couleurs bleu, rouge et noir. Au bout de la nuit, deux défaites. Et pourtant, une fierté restée intacte.
À 19 heures, nos U19 ont ouvert le bal en Coupe d’Occitanie Régionale 1, face à l’entente de Rivesaltes. Deux heures plus tard, quand la chaleur du jour avait enfin consenti à retomber, nos U16 leur ont emboîté le pas pour la finale du Championnat d’Occitanie Régionale 1, contre l’Union Athlétique Sportive de Verdun. Deux adversaires taillés pour l’événement, deux combats disputés jusqu’au dernier souffle, et au tableau d’affichage, deux verdicts contraires à nos espérances.
Rien n’avait été laissé au hasard. Les horaires eux-mêmes, repoussés en soirée pour déjouer la canicule, disaient l’exigence du moment. Il fallait protéger ces enfants de la fournaise, préserver la fête, offrir au rugby les conditions de son théâtre. Dans les tribunes, nos familles venues du Comminges avaient fait le déplacement, drapeaux et voix comprises, pour accompagner les leurs jusqu’au bout de l’effort.
Car il faut le redire, atteindre une finale n’a rien d’anodin. Y conduire deux équipes le même soir, dans deux compétitions différentes, relève de la performance rare, de celles qui ne s’improvisent pas. Elle récompense une saison entière d’entraînements avalés dans le froid de l’hiver, de déplacements le dimanche matin, de sacrifices consentis loin des grandes lumières. Les scores, eux, diront la défaite. Ils ne diront pas les mêlées poussées crampons contre crampons, ni les plaquages rageurs, ni ces regards fiers échangés au coup de sifflet final.
Alors il n’y a pas de tête basse chez nous, à Mazères et à Cassagne. Il y a une jeunesse qui a fait grandir son club, deux équipes qui ont fait vibrer leurs familles, et cette certitude tranquille que rien de ce qui a été construit ne se perd. Ces soirs-là, dit-on, forgent les hommes autant que les joueurs. Ils apprennent à perdre debout, ce qui est peut-être la plus belle des leçons.
Nous repartons donc du Lauragais la fatigue dans les jambes et la tête haute, déjà tournés vers demain. Car c’est là, sur ces terrains de formation où grandissent nos Macarians de demain, que se joue notre avenir. Bravo à nos jeunes. La prochaine finale, ils la gagneront peut-être. Et ce soir-là, ceux de Villefranche se souviendront d’où ils sont venus.
Baptiste Lemoigne